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Stories Fatigue



Ce mois de septembre est chaotique. La reprise n’est pas douce. Elle ressemble à un ouragan : la vie est là, enfin et j’ai l’impression d’un champ de bataille gigantesque. Le mot d’ordre ? Tout mener de front : ces projets en suspens depuis trop longtemps à clôturer, ces événements à lancer, ces photos à prendre, ces concerts à retrouver, ces ami.e.s à enlacer.


Haut-le-coeur. Celui-ci atteint son paroxysme quand, après deux semaines entre parenthèses, totalement hors ligne, les injonctions des réseaux sociaux me prennent à la gorge. Je me suis retrouvée à faire de la com H24 (oui, je travaille souvent pendant mon sommeil), à faire des stories alors que je n’aime pas ça, à me battre contre les algorithmes pour promouvoir des événements qui prônent une vie déconnectée. Une telle contradiction, ça me donne le vertige ! J’ai eu l’impression de brasser du vent, encore et encore, d’étouffer sous l’emprise des pouces levés. Je me suis dit plusieurs fois que tout cela ne servait à rien. Le silence face à un poste pour lequel tu as mis énormément d’énergie et de temps, ça peut être lourd et épuisant. Pourtant, j’ai continué à communiquer contre vent et marée car une petite voix me disait « il faut, il faut, il faut…». En effet, porter un projet de nos jours, c’est 70% de communication, 30 % de travail de fond.


Jusqu’à l’épuisement. La semaine passée, mon cerveau a dit « stop ! » La fatigue mentale m’a aspirée et je suis devenue un mélange de mollusque et de boule de nerfs. Ces moments de surcharge, je lutte contre depuis près de 6 ans. Depuis ce lundi 7 décembre 2015 où je n’ai pas pu me lever pour aller travailler, depuis ce burn out qui a tout cramé. Aujourd’hui, j’en connais les signes par coeur. Quand je dépasse mes limites, je perds mes mots, je ne capte plus rien, je me sens paralysée et oppressée. Je n’ai alors plus qu’à m’arrêter.


Si je vous raconte ce petit bout de vie aujourd’hui, c’est parce que je me rends compte en en parlant autour de moi que nous sommes de plus en plus nombreux.ses à vivre ce genre de surmenage. Je suis aussi quasi certaine que nos habitudes connectées ne sont pas sans conséquence. Nous vivons trop souvent au travers de nos écrans et de ce que ceux-ci reflètent de nos vies et de la vie supposée de nos amis virtuels, en attente de reconnaissance sous forme de likes et de notifications. Renverser la vapeur semble aujourd’hui devenu impossible mais je suis certaine que nous pouvons ralentir le rythme de cette vie online.


Illustration : https://www.facebook.com/lesfoliespassageres

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